jeudi 12 mai 2016

Le Comte de St-Louis

12 Mai 1918

Louis de Vermioz et ses mécaniciens sortirent le grand biplan Farman type 50 de son hangar. Sous le soleil printanier, ils admirèrent la large voilure faite d’une douce toile beige, de câblages et d’armatures de bois. Il était le plus grand construit à ce jour, le plus majestueux, et tel un insecte géant, il s’apprêtait à prendre son envol. Il languissait immobile sur le vert pré baigné de lumière, entouré par les silencieuses forêts du Jura. Louis monta à bord, ajusta les lanières de son casque ainsi que ses lunettes de vol et attendit les yeux au ciel tandis que les mécaniciens démarraient les moteurs aux hélices de bois.

Bientôt, le “Le Comte de St-Louis" ronronnait de sa vie mécanique. Après une longue course sur l’herbe, il s’éleva majestueusement dans le ciel clair. Les mécaniciens le virent glisser souplement parmi les nuages dorés.

Il n’arriva pas au Canada, on ne revit jamais le lent oiseau de bois de Louis de Vermioz.

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